Affinités Gustatives

QUE RESTE-T-IL DU MUR ?

Posted in Histoire de Berlin by badoldways on 5 avril 2010

Le premier mouvement après l’ouverture du mur fut de faire disparaître toute trace de ce que l’Ouest appelait « le mur de la honte ». Aujourd’hui une ligne de pavés marque le parcours du mur. Quels en sont les lieux emblématiques ?

Checkpoint Charlie

Le 13 août 1961, la ville a été coupée en deux par un réseau de barbelés, afin d’empêcher la fuite des habitants de la RDA vers la RFA. Le 23 août, Berlin est n’est plus accessible. Les barbelés ont rapidement été remplacés par un mur. Le premier tronçon, construit entre 1961 et 1962, mesurait 12 km. En 1970, sa longueur atteindra 155 km.
Le Mur a été gardé jour et nuit par des Vopos postés sur des miradors et effectuant des rondes à l’aide de chiens. Ils avaient l’ordre de tirer sur toute personne qui tentait de franchir le Mur. Les personnes habilitées à franchir la frontière empruntèrent les postes de Checkpoint Charlie et celui à proximité de la gare de Friedrichstrasse. On estime que 5 043 personnes sont parvenus à traverser le rideau de fer, et que 239 ont été abattues.
Sur la Friedrichstrasse, se trouve Checkpoint Charlie, le célèbre point de passage entre le secteur américain et le secteur soviétique. C’est en effet à ce carrefour que la guerre froide connut l’une de ses plus grandes épreuves de forces. C’est ici que des chars américains et soviétiques se firent face en 1961. Le 27 octobre, en effet, des gardes-frontières de RDA exigèrent de contrôler des membres des forces alliées occidentales qui voulaient se rendre en secteur soviétique. Or, tous les membres des forces d’occupation bénéficiaient d’un droit de libre-circulation dans l’ensemble de la ville. Pendant 48 heures, la situation fut haletante car de son issue résultait la guerre ou la paix. Après de nombreux échanges téléphoniques entre les deux camps américain et soviétique, les chars finirent par se retirer.
A l’occasion du 40ème anniversaire de la construction du Mur de Berlin, Checkpoint Charlie retrouva son aspect d’origine : une réplique du poste de garde blanc de l’armée américaine y fut réinstallée pour que les touristes puissent s’y prendre en photo.

Zimmerstrasse

Ce monument de bronze installé sur la Zimmerstrasse est dédié à Peter Fechner, ce jeune homme de 18 ans qui tenta de fuir à l’ouest avec l’un de ses amis. Le 17 août 1962, les deux hommes escaladent le mur qui sépare Berlin Est de Berlin Ouest. Or, les soldats des frontières les repèrent et leur tirent dessus. Peter Fechner est alors grièvement blessé au ventre et au dos. Il ne fut secouru ni par les gardes frontières ni par les soldats américains. Seuls les policiers de Berlin Ouest tentèrent d’aider le jeune homme en lui envoyant des pansements. Cela ne suffit pas et le jeune homme agonisa pendant une heure sous l’œil impuissant de la population. Il décéda et la police frontière emmena le corps sans vie du jeune homme. Il fut la 31ème victime du Mur. La dernière victime fut Winfried Freudenberg en mars 1989. C’est non loin de là que se trouve le fameux pan de mur conservé près du Martin Gropius Bau (à côté de la Topographie de la Terreur).

La East Side Gallery

 

Vingt ans après sa chute, le Mur a disparu, mais la ville tient aujourd’hui à en marquer l’emplacement afin que les générations futures puissent comprendre cette page de l’histoire. « Mon Dieu, protégez moi de cet amour mortel », proclame, en russe et en allemand, cette peinture de l’East Side Gallery, un des rares morceaux du Mur à avoir été préservé, et inspirée d’une célèbre photo de Leonid Brejnev et Erich Honecker, prise lors d’un voyage du Numéro 1 soviétique en RDA .

Des quelques rares morceaux du Mur qui restent debout, le plus long, 1,3 km, est situé près de l’Oberbaumbrücke, bordant la Mühlenstrasse dans l’ancien Berlin Est. Ce tronçon, baptisé « East Side Gallery » a été sauvé grâce aux peintures qui y ont été réalisées en 1990 et qui ont été spécialement rénovées pour les 20 ans. Il s’agit de la plus vaste galerie en plein air du monde, présentant plus de cent peintures murales originales. Galvanisés par les changements extraordinaires qui étaient en train de bouleverser la planète, des artistes du monde entier se précipitèrent à Berlin après la chute du mur, laissant un témoignage visuel de la joie et de l’esprit de liberté qui imprégnaient alors fortement la ville. Les peintures avaient constitué une des grandes attractions pour les visiteurs et les habitants de Berlin mais on les ne les trouvait bien évidemment que du côté ouest du mur. Les artistes transformèrent ainsi le béton gris en un vivant symbole de liberté et d’espoir.
Parmi les peintures les plus connues, on trouve, on l’a vu, le Baiser Mortel de Dimitri Vrubel, la Trabi (la Trabant) de Birgit Kinder heurtant le mur. Elles ont servi de motif à des cartes postales populaires jusqu’à notre époque. Les peintures, qui reflètent toujours le patchwork éclectique et bohème de l’atmosphère du Berlin d’aujourd’hui, offrent un assortiment d’images surréalistes, de déclarations politiques et de messages graffités qui s’étire du pont Oberbaumbrücke à la Ostbahnhof.

Mais le morceau le plus intéressant est ailleurs, à la Bernauerstrasse, près de la Nordbanhof. Cet endroit est devenu un mémorial, où l’on peut visiter le centre de documentation riche en renseignement sur toute cette période.

Nikita Puzio

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